
Psychanalyse, sociologie et clinique du lien social
Psychanalystes et docteurs en sociologie, Françoise Davoine et Jean-Max Gaudillière ont travaillé plus de trente ans en hôpital psychiatrique public. À l'EHESS, ils ont dirigé le séminaire « Folie et lien social », croisant clinique, histoire et sciences sociales. Leur œuvre explore les rapports entre folie, trauma et structures du lien social, et a rayonné en France comme à l'international.
Françoise Davoine est psychanalyste et docteure en sociologie. Formée initialement à la littérature, elle a orienté son travail vers la psychanalyse en s'intéressant aux liens entre folie, histoire et structures sociales. Pendant plus de trente ans, elle a exercé en hôpital psychiatrique public, où elle a développé une pratique clinique attentive aux formes extrêmes de la souffrance psychique.
Avec Jean-Max Gaudillière, elle a mené une recherche approfondie sur le rapport entre la folie et le lien social, considérant la folie comme un mode d'exploration des failles de ce lien. Ensemble, ils ont dirigé à l'EHESS à Paris le séminaire « Folie et lien social », espace de réflexion interdisciplinaire croisant psychanalyse, sociologie et histoire. Leur travail a également donné lieu à des collaborations avec des institutions en Amérique du Nord et en Amérique latine engagées dans une approche psychanalytique de la psychiatrie.
Françoise Davoine poursuit aujourd'hui sa pratique, ses recherches et ses publications, dans la continuité du travail mené avec Jean-Max Gaudillière. Elle est notamment l'autrice de Mère folle (1998) et Don Quichotte, pour combattre la mélancolie (2008), et coautrice avec Jean-Max Gaudillière de Histoire et trauma (2006).
Jean-Max Gaudillière (1943-2015) était agrégé de lettres classiques, docteur en sociologie et psychanalyste. Issu d'une formation littéraire exigeante, il a développé une pensée à la croisée de la clinique psychanalytique, de la sociologie et de l'histoire, en s'intéressant particulièrement aux effets du trauma et aux formes de la folie dans le champ social.
Il a exercé pendant plus de trente ans en hôpital psychiatrique public, tout en menant un important travail de recherche et d'enseignement. Avec Françoise Davoine, il a coanimé le séminaire « Folie et lien social » à l'EHESS, lieu central de leur élaboration théorique et clinique, dont les travaux ont été largement diffusés en France et à l'international. Il a également été membre du Centre d'études des mouvements sociaux.
Disparu en mars 2015, Jean-Max Gaudillière a laissé une contribution majeure à la psychanalyse contemporaine, notamment dans l'approche du trauma et dans l'articulation entre subjectivité, histoire et institutions. Son œuvre et son enseignement demeurent étroitement liés au travail conduit avec Françoise Davoine.
« Dans la psychanalyse de la psychose, l'analyste entre parfois dans une zone de mort, où les sujets traités comme des choses récupèrent, grâce au dialogue analytique, une intelligence souterraine révélatrice des failles de nos sociétés et ouvrant l'avenir au changement. »
Leurs ouvrages sur le site