« Outre le plaisir comique que ces histoires procurent, elles révèlent en filigrane le parcours de l'artiste et sa vision particulière d'un humour entre noir et rose. »
***
P
oète, journaliste et dessinateur de presse, Maurice Henry (1907-1984) est un de ces artistes qui déjoue les biographies et les tentatives de classification.
Membre du Grand Jeu, proche des surréalistes, il publie dans Bizarre en même temps qu'il fait carrière comme gagman pour le cinéma. Il fait paraître, entre juin 1956 et janvier 1960, près de 170 histoires dans le Figaro. Ces gags sans paroles composés en trois cases sont baptisés " Rêves et Culbutes ". Ils appartiennent au genre de la bande dessinée, qui partage dès ses origines un style et une thématique communs au dessin animé et au cinéma burlesque.
L'intitulé indique le ressort principal de ces gags : il s'agit de faire appel à l'onirisme pour convoquer des situations farfelues dont la résolution, dite la chute, ressemble aux culbutes inattendues et drolatiques des clowns. Des hommes se castagnent, des voitures s'emboutissent, des couples s'assomment, des policiers courent après des voleurs. On croit savoir à quoi s'attendre, mais Maurice Henry nous réserve toujours une échappée vers le rêve ou l'absurde.
Sous leur air débonnaire et naïf, entretenu par un graphisme dépouillé, ces images sont le pendant dessiné - en plus tendre - des Nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon : elliptiques mais éloquentes, à fois drôles et féroces, elles témoignent d'une époque, les années 1950, autant que d'une condition humaine intemporelle.
« Pour d’autres dessinateurs humoristes français, l’incursion dans la bande dessinée devait s’inscrire dans un genre un peu différent et déjà fort balisé, celui du strip muet, de la série quotidienne donnant, aux lecteurs d’un journal, rendez-vous avec un personnage récurrent.
À la fin des années 1940 et au cours des années 50, ces tentatives sont notamment le fait de Jean Effel (L’histoire du petit ange dans Le Patriote), Jacques Faizant (Hector et Philibert dans Bonjour Dimanche, M. Patraque dans La Vie catholique, L’invraisemblable M. Pluche dans Le Petit Canard), Moisan (Zoé dans Le Parisien), Mose (Roméo, dans une dizaine de titres), Piem (M. Pépin dans Le Figaro, Turlupin un peu partout), ou Trez (Jules dans Le Figaro), pour me limiter aux plus connus. Rêves et culbutes, de Maurice Henry (dans Le Figaro), se distingue par le fait que la série ne convoque aucun personnage stable. » Thierry Groensteen - citebd.org, le site de La Cité internationale de la bande dessinée et de l'image - Angoulême
Maurice Henry, né à Cambrai en 1907 et mort à Milan en 1984, est un poète, peintre, dessinateur et cinéaste français.
En 1926, il rejoint René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte pour fonder la revue Le Grand Jeu, où il publie textes et dessins. Il quitte ce groupe en 1933 pour rejoindre les surréalistes d’André Breton, collaborant à Le Surréalisme au service de la révolution et exposant des œuvres comme Hommage à Paganini.
De 1939 à 1951, il travaille au cinéma sous le nom des «?Gagmen associés?», participant à une vingtaine de films. Auteur de près de 25 000 dessins publiés dans 150 journaux, il consacre ses dernières années à la peinture, la sculpture et les collages.
| ÉTAT (LIVRE OCCASION) | Pas de pli de lecture au dos, Très bon état |
| Conception graphique | Atelier Poste 4 |
| Date parution | 2021 |
| Dimensions | 27x9x3cm, Broché, Format à l'italienne |
| EAN | 9782351251911 |
| Editeur | Musées de Strasbourg |
| Genre/Thème(s) | BD tout public, Humour, Humour noir |
| ISBN | 2351251911 |
| Illustrations | 140 illustrations, Noir et blanc |
| Nb pages | 295 |
|
Rêves et culbutes ( Maurice HENRY, Nelly FEUERHAHN ) - Album
|
Ajouter au panier |